Wednesday, July 4, 2018

Bonjour à tous,

Je reprends cette semaine la rédaction. En attendant, voici un article intéressant.

ournée internationale sans plastique : quel constat à Maurice ?


plastiqueD’autres déchets continuent d’enlaidir nos rues.
Depuis janvier 2016,  les sacs en plastique  ont été interdits à Maurice dans le but de diminuer la pollution.  Qu’en est-il deux ans plus tard ? Avons-nous adopté les bonnes habitudes ? Tour d’horizon …
Le règlement interdit l’importation, la fabrication, la vente ou la fourniture de sacs en plastique depuis le 1er janvier 2016. Cela a pour but, de sauvegarder l’environnement, mais aussi de contribuer au développement durable. Dans la majeure partie des cas, les sacs en plastique étaient utilisés une seule fois et étaient aussitôt mis à la poubelle. Outre le fait d’être peu utilisés, ces sacs en plastique  lorsqu’ils sont jetés dans la nature bloquent les caniveaux et les drains, nuisent aux animaux, causent des dégâts à la faune marine et polluent le sol au fur et à mesure qu’ils se décomposent.
Par conséquent, l’abolition des sacs en plastique devrait également ouvrir de nouvelles voies pour que les entrepreneurs locaux s’engagent davantage dans des projets écologiques, plus particulièrement en se lançant dans la production de sacs à base d’autres matériaux tels que la fibre et le tissu.
La réglementation ne concerne que les sacs en plastique c’est-à-dire, les sacs à roulettes et les sacs en polypropylène conçus pour transporter des produits achetés au marché, dans les foires ou avec des marchands ambulants. Toutefois, l’importation, la fabrication, la vente ou la fourniture de sacs en plastique biodégradables et compostables sont autorisées sous des conditions très spécifiques. « Les sacs bio-compostables sont en règle. La différence entre ces sacs en plastiques est qu’ils sont imprimés pour indiquer le pays d’origine, le ‘batch number’ mais aussi qu’ils sont biodégradables », précise l’inspecteur Jean Nobin Brasse de la Police de l’Environnement. « À l’entrée en vigueur de la nouvelle loi, les commerçants étaient dans le flou. De ce fait, les autorités ont mené une campagne de sensibilisation durant cinq mois et au-delà de ces cinq mois, nous avons commencé à établir des contraventions », dit-il.

111 Contraventions à ce jour

L’inspecteur Brasse soutient que des opérations fréquentes sont menées par la police de l’environnement. « En sus de la campagne de sensibilisation,  des contraventions sont émises afin que les commerçants ne répètent pas les mêmes erreurs. Du 5 au 16 juin dernier, des équipes de la Police de l’Environnement étaient constamment sur le terrain. À ce jour, nous avons dressé 111 contraventions  », précise-t-il. Ce dernier a indiqué que l’interpellation d’un fournisseur avait permis de repérer une usine qui fabriquait des sacs en plastique en masse, alors que cela est interdit. « Nous avons terminé notre campagne de sensibilisation au Marché central, de Port-Louis, où les marchands utilisaient des sacs à roulettes en plastique pour la vente de légumes, alors que l’utilisation de tels sacs est autorisée uniquement pour empaqueter les produits surgelés », conclut-il.
Malgré que les sacs en plastique ont été bannis, les bouteilles en plastique et autres déchets continuent d’enlaidir les rues. D’ailleurs après les grosses pluies, on note que les drains et les rivières sortent parfois de leur lit en raison des obstructions causées par divers déchets. Il suffit de jeter un coup d’œil aux abords du Caudan Waterfront pour se rendre compte de ce problème. Ces accumulations de débris occasionnent un spectacle désolant.
La terre, les plages et le lagon sont pollués. Tout récemment, c’est une caverne à Plaine-des-Roches, Rivière-du-Rempart qui a fait les frais de la pollution. Un groupe de jeunes qui participait à une randonnée a découvert un amoncellement de détritus, dénonce Nitin qui n’a pas supporté de voir tous ces dégâts.
Malgré tout, le plastique continue à salir le pays. À qui la faute ? Sinon à l’incivisme de tout un chacun.

Steeve Gungadeen : « Ce qu’il faut considérer, c’est l’indifférence des adultes vis-à-vis de l’environnement »

Steeve GungadeenPour Steeve Gungadeen, Senior Youth officer à Volunteer Mauritius du  ministère de la Jeunesse et des sports, l’exemple vient d’en haut.
« Malheureusement, il existe toujours quelques personnes qui ne se soucient pas de l’environnement. Lors de chaque activité environnementale que le Volunteer Mauritius organise, nous constatons le manque de respect de l’humain vis-à-vis de l’environnement », rapporte-t-il. Rodrigues est un exemple parfait concernant la loi, où l’usage des sacs en plastique est interdit. À Rodrigues, l’amende pour possession d’un sac en plastique varie de Rs 500 à Rs 1000. Et pour la vente, l’importation et la distribution de sacs en plastique, il faut compter Rs 2000 à Rs 10 000 avec une peine d’emprisonnement ne dépassant pas trois ans.
Pourquoi Maurice a tant de difficulté à faire de même ? « À Maurice, nous avons une culture d’indifférence. De nombreuses personnes enfreignent les lois sans être punies. Les lois existent et sont sévères mais personnes n’assurent qu’elles soient respectées », dit-il. D’après le Senior Youth Officer, les mesures à préconiser pour l’élimination complète de l’usage du plastique à Maurice est l’éducation. « Il faut former les petits pour que dans 10 à 15 ans, les lois environnementales soient respectées. Un sujet concernant l’importance de l’environnement devrait être ajouté au cursus scolaire. Ils ne seront pas indifférents aux actes commis par certains adultes insouciants. Aussi, il faut encourager les campagnes de sensibilisation dans toute l’île. Ce qu’il faut considérer, c’est l’indifférence des adultes vis-à-vis de l’environnement. Ce sont eux qui  donneront l’exemple », conclut-il.

Trois questions à…Selven Govinden, président de l’ONG Free Art : «Il faut bannir tout type de plastique pour un meilleur résultat»

Selven Govinden
Selven Govinden
Pourquoi le plastique est-il si dangereux ?
Le plastique est l’ennemi de la nature car elle ne se dégrade pas. C’est un produit dérivé du pétrole. Nous pouvons constater à travers des analyses, qu’il y a de plus en plus de traces de plastique dans nos aliments. Cela est dû à la présence en abondance du plastique dans la nature. Par exemple, dans la nappe phréatique, dans la mer et même dans la terre.
Et quid de l’introduction des sacs biodégradables ?
En ce qui concerne les sacs en plastique biodégradable, il faudrait revoir cette option, car les gens pensent que le plastique étant dégradable peut être jeté. Et par la suite, on se retrouve à nouveau avec un grand nombre de plastique dans la nature.
Mis à part les sacs ‘50 sous’, le plastique est en révolte au supermarché. Dans un caddie, vous pourriez constater le nombre considérable d’emballage. Nous devions impérativement bannir tout type de plastique afin d’avoir un vrai résultat.
Le tri des déchets est une obligation pour notre île. Tous nos détritus sont dirigés dans des dépotoirs comme  Mare-Chicose. Mais les dépotoirs à ciel ouvert causent davantage de dégâts à l’environnement.
Quel seraient les alternatives ?
Il y a plusieurs alternatives. En Europe, on peut voir le retour de la bouteille en verre qui est plus avantageuse. Elle coûte moins chère que celle en plastique. Le prix d’une bouteille d’un litre en plastique est plus élevé que celle en verre. En plus de cela, le verre ne contamine pas la boisson qu’elle contient par des molécules toxiques.
On pourrait, par exemple,favoriser l’utilisation des conteneurs ‘stainless steel’.
Pour terminer, il faudrait penser à l’importation des produits sans emballage en plastique, et pourquoi pas investir nous-mêmes dans la production de fibres naturelles pour des sacs et autre conteneurs.

Opinion

Que faites-vous pour contribuer à l’élimination du plastique à Maurice ?

Véronique Bégué, habitante de Clémencia
Véronique Bégué
Véronique Bégué
« Quand je sors, j’utilise une tente vacoas. Elle est plus avantageuse étant plus solide. De plus, une tente peut contenir plus de produits qu’un sac en plastique. Et chaque matin pour acheter le pain, je prends un sac en toile.  »




Vishesh Kumar DOORGAH, 40 ans, habitant de Moka
Vishesh Kumar DOORGAH
Vishesh Kumar DOORGAH
« Il est vrai que nous avons des ‘Eco-bag’ et des sacs en plastique mais cela ne suffit pas. Les boissons gazeuses sont vendues dans des bouteilles en plastique. Comme la consommation augmente, les experts auraient pu trouver une alternative. Par exemple les bouteilles en papier comme pour les briques de jus. »






Jordan et Chanin Williams, 17 et 18 ans, habitants de Port-Louis
Jordan et Chanin Williams
Jordan et Chanin Williams
J.W : « Ne pas utiliser du plastique est difficile car les produits sont souvent emballés avec du plastique.  Nous pourrons privilégier les sacs en papier mais ce n’est pas pratique, car ils se déchirent vite. »
C.W : « Le plastique dans l’immédiat pourrait être recyclé pour diminuer le nombre de déchets. Et il suffit que les citoyens ne jetent plus leurs ordures où ils le veulent. »




Hassen SAUHABAH, 62 ans, membre du Comité Quartier de Ward 4
Hassen SAUHABAH
Hassen SAUHABAH
« Vous voyez cette rue (NdlR : rue Labourdonnais menant vers Marie Reine de la Paix) ? Avez-vous remarqué qu’il n’y pas la moindre poubelle ? La municipalité doit installer plus de poubelles. Il faut aussi d’autres alternatives à l’utilisation du plastique. Par exemple, en grandes surfaces et en Europe, on trouve du papier imperméable. Les bouchers auraient pu les utiliser.





Aisha Moosaheb, élève de 12 ans, habitante de Port-Louis
Aisha Moosaheb
Aisha Moosaheb
«  J’utilise une gourde pour transporter de quoi boire à l’école ou quand je sors.  Il serait bien que les Mauriciens prennent conscience de l’importance de la nature. »





Vikash Tatayah, Conservation Director chez Mauritius Wildlife Foundation
« Il faut éviter les restaurants qui utilisent des couverts en plastique car non seulement la dégradation du plastique prend beaucoup de temps mais le polystyrène est cancéreux »
Brinda, gérante du restaurant Aventure des Saveurs
Brinda
Brinda
Brinda encourage ses clients à apporter leurs propres récipients. « Ceux qui prennent à emporter, apportent leurs conteneurs afin d’éviter l’usage du plastique ou du polystyrène. Je pense que l’aide du gouvernement sera bénéfique dans cette bataille. Un sac en plastique biodégradable coûte Rs 0.50 tandis que celui en papier est à Rs 10. Il est normal que les gens optent pour les sacs en plastique. »

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