Saturday, June 15, 2019

Environnement: un poisson poubelle pour susciter la réflexion



Il fallait, selon lui, adapter le modèle aux réalités du terrain ; par exemple, au départ, l'artisan avait souhaité réaliser cette structure en bambou mais ce matériau se serait vite dégradé sous l'effet de la pluie et du vent. Il fallait donc trouver un matériau solide et capable de résister aux intempéries. D'où le choix du métal, matériau peu onéreux mais surtout recyclable.

Petit clin d'oeil au plastique, des bouchons en plastique ont été utilisés pour les yeux. En travaillant sur la structure, il y a eu une part de trial and error pour s'assurer qu'on pourrait vider facilement la poubelle, une fois celle-ci remplie. Les questions de sécurité ont aussi été prises en compte.

D'autre part, Audrey d'Hotman de Villiers-Desjardins, CSR & Sustainability Manager du groupe Rogers explique, qu'un poisson «avalant» de grandes quantités de plastique a semblé capable de susciter la réflexion chez le citoyen lambda et lui faire prendre conscience de la pollution marine. Jeter un objet en plastique dans cette poubelle en forme de poisson est symbolique : ce sont autant de déchets qui ne seront pas ingérés par les poissons.

Hier, un deuxième «poisson poubelle » a été installé sur l'esplanade devant le siège social de Rogers, la Rogers House. De plus, la poubelle se trouvant sur le Port-Louis Waterfront sera déplacée vers une des entités de Rogers dans une dizaine de jours.


https://www.lexpress.mu/article/354827/environnement-un-poisson-poubelle-pour-susciter-reflexion

Saturday, June 8, 2019

Un bébé, un arbre





Cette Australienne, qui vit à Maurice depuis neuf ans, fait partie des premières mamans à participer à ce projet, intitulé «One Life, One Tree». Projet lancé le même jour, à l'occasion de la Journée de l'environnement. 

La petite Ella aura bientôt un arbre endémique planté en son nom à La Vallée de Ferney. Y sera inscrite également sa date de naissance. «C'est un acte assez percutant pour l'environnement», soutient Jill Davelaar, déjà mère d'un garçon de quatre ans. «Ces arbres donneront un meilleur avenir à l'écologie mauricienne et aux générations futures», poursuit cette responsable des ressources humaines.

Jill Davelaar et son époux, lui aussi un Australien, envisagent de retourner au pays des kangourous dans trois ans. Mais ils n'ont pas l'intention d'attendre trop longtemps avant de retourner à Maurice, avance cette habitante de Tamarin. Et pourquoi cela ? «Pour que ma fille puisse visiter cette forêt et rencontrer son arbre…»

La société holding de la clinique Darné et de Wellkin Hospital, Medical & Surgical Centre Ltd,opère sous le nom de C-Care depuis avril. Et à partir du mardi 4 juin, chaque mère qui donne naissance dans l'une de ces cliniques aura la chance de planter un arbre endémique à La Vallée de Ferney. 

«Depuis le lancement du projet mardi, une vingtaine de mamans ont accepté avec plaisir de participer à cette initiative», indique Shalini Bunwaree-Nagdan, la Head of Marketing and Sales de C-Care. La clinique Darné et Wellkin Hospital, qui comptent près de 150 naissances par mois, projettent dans les dix prochaines années, de mettre en terre plus de 20 000 arbres endémiques. 

Le groupe de santé souhaite faire d'une pierre deux coups: aider les mères à mettre au monde leurs enfants et agir contre la disparition de la flore endémique à Maurice. «Le Groupe CIEL croit très fort dans le développement durable, comme en témoignent notre investissement et notre engagement dans ce lieu très symbolique où le lancement de One Life, One Tree s'est fait, c'est-à-dire à la très belle vallée de Ferney.Ce projet nous tient beaucoup à cœur puisqu'il relie la nature et la vie», fait valoir Shalini Bunwaree-Nagdan. 

Les arbres qui seront mis en terre dans le cadre de ce projet sont l'Ebony, le Takamaka, le Bois Mozambique, le Bois Pomme, le Bois Balai, et le Bois Poupart, entre autres.«Un espace dédié aux naissances de la Clinique Darné et un autre aux naissances de Wellkin seront attribués en plein cœur de la forêt. Les arbres endémiques seront plantés par le personnel de La Vallée de Ferney, avec qui nous travaillons en étroite collaboration», ajoute notre interlocutrice. 

Quid du processus avant la mise en terre des arbres ? «Cela peut prendre jusqu'à trois semaines maximum», fait ressortir la Head of Marketing and Sales de C-Care. «Tout dépendra du temps que le parent prendra pour nous remettre les détails de son bébé. Une fois les détails soumis, l'équipe de La Vallée de Ferney Conservation Trust se charge de préparer le nouveau plant en pépinière avant d'être planté en pleine forêt.» 

De plus, Shalini BunwareeNagdan souligne que tous les frais seront pris en charge par la Clinique Darné, Wellkin Hospital et La Vallée de Ferney Conservation Trust. Et la première visite à la forêt sera offerte aux parents et à l'enfant.

Thursday, May 30, 2019

Gaspillage alimentaire

Jérémie de Fombelle (General Manager au LUX* Le Morne) : «Éliminer à 100 % le gaspillage alimentaire est une priorité»


Jérémie de Fombelle
Jérémie de Fombelle, General Manager au LUX* Le Morne, avance que le gaspillage alimentaire dans l’hôtellerie reste un sujet tabou à Maurice et dans le monde.
Quel regard portez-vous sur le gaspillage alimentaire dans l’industrie hôtelière ?
C’est inquiétant et choquant. Ce phénomène n’est pas présent qu’à Maurice. C’est la situation dans le monde entier. Éradiquer le gaspillage alimentaire diminuera la faim dans le monde. L’autre raison qui justifie un engagement sans retenue contre le gaspillage alimentaire est la protection de la planète. Un excès de production nuit à notre environnement et détruit nos ressources naturelles. Ce qui est en jeu dans la réduction du gaspillage alimentaire c’est la faim dans le monde et la préservation de notre planète. Éliminer à 100 % le gaspillage alimentaire est une priorité.
Que fait LUX* Le Morne pour éviter le gaspillage alimentaire ?
D’abord, il s’agit de proposer moins de produits alimentaires pour éviter le gaspillage. L’autre engagement concerne la redistribution. Nous avons fait un travail de recherche sur les habitudes alimentaires de nos clients. L’un des constats nous a permis de comprendre que le client anglais mange plus de viande que son voisin français. Ce travail statistique pour tous les aliments ajuste nos commandes de nourriture et notre production en fonction des nationalités présentes à l’hôtel.
La consigne est de ne plus jeter de la nourriture provenant des buffets et des cuisines. La priorité est d’aller vers les personnes dans le besoin et vers ceux qui ont faim ou n’ont pas les moyens de se nourrir correctement. La nourriture qui reste des buffets ou dans les réfrigérateurs est congelée et acheminée vers les bénéficiaires qui sont les ONG, les écoles, les centres sociaux. Il s’agit de nourriture comestible et non pas des restes des assiettes des clients. En revanche, les restes sont redistribués pour être utilisés comme nourriture des animaux des centres animaliers, dont les dog shelters qui en profitent aussi.
En quoi êtes-vous innovant ?
ZERO FOOD WASTE, car le gaspillage alimentaire dans l’hôtellerie reste un sujet tabou à Maurice et dans le monde. LUX* Le Morne a brisé ce tabou en 2018 avec une approche originale qui a permis une éradication du gaspillage. Co-organisateur du Zero Food Waste Forum à Maurice, avec l’ONG Food Wise, nous avons réuni l’ensemble des hôteliers du pays et nous les avons convaincus d’adopter des mesures pour lutter contre le gaspillage alimentaire.
Quels sont vos objectifs d’ici trois ans ?
Il nous faut progresser dans la gestion du gaspillage à la source. C’est-à-dire : gestion des achats, méthodes de cuisson, gestion des portions, habitudes des clients et des employés. Nous instaurerons le ZERO FOOD WASTE FORUM comme un évènement annuel dans l’hôtellerie et inclurons tous les autres secteurs de l’économie mauricienne.

Monday, May 27, 2019

Ascensia : INI'Vert - initiative durable du groupe pour l'environnement

Projet INI’Vert du groupe Ascencia : prise de conscience et empreinte écologique à l’agenda


L’INI’VERT de l’Ascencia veut sensibiliser le citoyen à réduire les déchets.
Donner à ses activités un cachet vert, c’est l’initiative du groupe Ascencia en partenariat avec la Rogers Foundation en lançant le projet INI’Vert. Une campagne dont le but est de sensibiliser les Mauriciens et atteindre les Green operational objectives. Le coup d’envoi de la campagne qui s’étendra sur deux mois sera donné le 1er juin.
Que chaque citoyen contribue à réduire les déchets, à la réutilisation quand c’est possible et au recyclage et qu’il y ait une prise de conscience de son empreinte écologique sur son île, tel est l’objectif de la campagne INI’Vert by Ascencia. « Cette campagne a été mise en place car nous sommes conscients que les activités liées à la conduite de nos affaires contribuent à l’épuisement des actifs naturels et à la production de grandes quantités de déchets », explique Sophie Audibert, Portfolio Marketing Officer.
À travers INI’Vert, Ascencia souhaite sensibiliser les individus sur leur empreinte carbone à Maurice et créer une plateforme pour les organisations qui travaillent à promouvoir les initiatives vertes. Ainsi, durant les mois de juin et juillet, plusieurs événements « verts » ont été mis sur pied notamment un Green Market avec des expositions vertes et bio à Bagatelle, Phoenix Mall, So’flo et un plant market à Kendra. Des ateliers DIY sur le recyclage et la réduction des déchets sont aussi au programme.
La campagne débutera avec un nettoyage communautaire dans les zones autour des centres commerciaux. Les déchets seront collectés et triés puis recyclés et nettoyés afin d’être réutilisés pour créer la mascotte INI’vert «Asce» qui sera une tortue géante. La mascotte fera ensuite une tournée de présentation dans tous les centres commerciaux et sensibilisera les gens au recyclage et à la gestion des déchets.
Le lancement de la campagne se fera le 1er juin et sera suivi du projet «Trash is Treasure » le 7 juin à Bagatelle, Kendra et Les Allées, à Riche Terre Mall le 14 juin, à Phoenix Mall et So’Flo le 20 juin. Le public est invité à se joindre à la cause pour collecter les déchets.

Thursday, May 23, 2019

Île Ronde : sanctuaire pour la biodiversité



L'île Ronde est un espace de 219 hectares, situé à 22 km au nord de Maurice. Elle est réputée dans le monde entier pour la diversité de ses espèces menacées. Il n'y a pas eu de développement sur l'île dans le passé mais des herbivores non-indigènes tels que des chèvres et des lapins ont été introduits et ont presque détruit la forêt. La conservation et la restauration écologiques de l'île Ronde se font à travers une collaboration entre la Mauritian Wildlife Foundation, le ministère de l'Agro-industrie et de la sécurité alimentaire et Durrell Wildlife Conservation Trust.
Phil Lambdon, écologiste de la restauration des plantes de Durrell Wildlife Conservation Trust, souligne que «l'île Ronde est l'un des habitats les plus riches en faune endémique de Maurice». Les reptiles tels que le boa de l'île Ronde (Casarea dussumieri) et le scinque de Telfair (Leiolopisma telfairii) sont les habitants les plus connus. Les plantes, comme le palmiste bouteille (Hyophorbe lagenicaulis) et les oiseaux marins tels que le paille-en-queue, le fouquet et le pétrel dépendent également de cette île volcanique.

Ci-dessus, deux photos prises au même endroit mais à des années différentes, à gauche en 2004 et à droite en 2018. À côté, on se rend compte de l'attention qu'il faut accorder à la replantation sur l'île Ronde.
L'écologiste raconte que dans les années 70, les perspectives étaient sombres pour ces espèces. Les chèvres et les lapins, introduits au début des années 1800, avaient presque rasé l'île jusqu'à en faire un terrain vague, avec très peu de végétation restante. L'érosion avait enlevé une grande partie du sol et les reptiles étaient privés de nourriture et d'habitat. Le boa enfouis- seur de l'île Ronde (Bolyeria multoca- rinata), un serpent unique au monde qui menait une existence partiellement souterraine, a été perdu à tout jamais, tandis que d'autres étaient sur le point de disparaître.
«La situation tragique de l'île Ronde a suscité beaucoup d'inquiétude au niveau international et, grâce aux efforts concertés de nombreux biologistes en conservation, la situation s'est lentement transformée en une histoire à succès», déclare-t-il.
Des plans de sauvetage ont été élaborés par un consortium composé de la Mauritian Wildlife Foundation, du National Parks and Conservation Service, Forestry Service, du Department of Conservation de Nouvelle-Zélande et du Durrell Wildlife Conservation Trust du Royaume-Uni.
Il annonce que les chèvres et les lapins ont été éradiqués. Ensuite, le pro- cessus laborieux de végétalisation a commencé. Quelques espèces, telles que le latanier bleu (Latania loddigesii), avaient encore suffisamment de graines dormantes dans le sol pour pouvoir re- venir naturellement, mais la plus grande partie de la végétation devait être cultivée dans une petite pépinière improvisée et replantée dans la nature. Il mentionne que plus de 30 000 arbres et arbustes ont été plantés au cours des deux dernières décennies sur l'île.
Espèces difficiles à cultiver
Phil Lambdon explique qu'«autrefois, les expéditions duraient environ une se- maine sous des tentes et ne permettaient pas un bon suivi des plantes mises en terre. En 2002, une station a été construite pour loger le personnel afin qu'il puisse s'occuper des plants quotidiennement».
Un arbre peut prendre jusqu'à deux ans pour se développer pleinement à partir d'une graine, puis doit être transporté avec soin vers des sites appropriés. Une fois plantés, ils sont désherbés et arrosés chaque semaine pendant un an ou plus. L'un des plus gros problèmes, selon lui, était les conditions sèches et inhospitalières. Beaucoup sont morts inévitablement, mais ceux qui ont survécu sont aujourd'hui des arbres matures en bonne santé. «L'île est redevenue verte et n'est plus aussi désertique qu'avant. Les espèces mena- cées prospèrent», annonce-t-il.
Cependant, tous les problèmes n'ont pas été résolus. Phil Lambdon déclare que certaines des espèces les plus importantes sont difficiles à culti- ver. Avec tant de plantes, ce n'était pas évident de répertorier la situation. En 2018, la Fondation Mohammed Bin Zayed a financé un projet pour dresser un bilan scientifique permettant de restaurer plus efficacement, en particulier, le Bois d'ébène blanc (Diospyros egrettarum).
Grâce à ce nouveau bilan, nous avons maintenant une idée des pro- grès. Le latanier bleu a été multiplié par dix depuis 1980. Il y a 186 palmistes bouteille de plus d'un mètre de haut, alors qu'il n'en restait que six. Outre les palmiers, l'île compte aujourd'hui 10 434 autres arbres et arbustes endémiques et indigènes de 40 espèces différentes telles que Bois benzoin (Terminalia bentzoë), Bois clou (Eugenia lu- cida) et le Fangame (Stillingia lineata).
Chaque année, durant la saison de pluie, plus d'un millier de plantes endémiques et indigènes sont mises en terre. Sur la liste pour la présente année, on compte 22 espèces de plus de 1000 plantes, y compris plus de 250 nouvelles plantules de bois d'ébène blanc, qui seront plantées d'ici fin mai.
Au dire de Martine Goder de la Mauritian Wildlife Foundation, ces es- pèces sont importantes pour le bon équilibre de notre écosystème insulaire. Les animaux dépendent de ces plantes pour leur nourriture et leur abri. «Aujourd'hui, Maurice compte moins de 2 % de forêt indigène en raison de la déforestation et la forêt restante est menacée par des espèces végétales envahissantes.»