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Wednesday, December 18, 2019

Une excellente nouvelle ! 50 ans d'effort pour l'Echo Parakeet

Espèces en voie de disparition - Echo Parakeet : chouette à savoir ! 


La population totale des grosses cateaux vertes estimée à plus de 800 oiseaux.
Aujourd’hui marque un jalon important dans les 50 ans d’efforts de conservation pour sauver la grosse cateau verte, dernier perroquet endémique des Mascareignes. L’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) a annoncé le mardi 10 décembre 2019, le déclassement de cette espèce mauricienne sur sa liste rouge des espèces menacées. La grosse cateau verte se voit passer ainsi de la catégorie « En danger » à « Vulnérable »
Le Dr Vikash Tattayah, directeur de conservation au Mauritius Wildlife Foundation, indique que l’Echo Parakeet est connue sous le nom de Psittacula Eques par les scientifiques. Il explique que la grosse cateau verte a subi un déclin notable de sa population en réponse directe à la perte des forêts endémiques mauriciennes; la végétation indigène a périclité, passant d’une couverture complète de l’île à, aujourd’hui, moins de 1,5 % de forêts de bonne qualité. « De plus, la grosse cateau verte a également souffert de la présence de nombreuses espèces prédatrices introduites, comme les singes, les rats et les chats ou bien concurrentes telles que les martins et les perruches d’Inde », soutient le Dr Vikash Tattayah. À la fin des années 70, la grosse câteau verte était ainsi devenue l’un des perroquets les plus rares au monde avec moins de 20 oiseaux à l’état sauvage, regroupés aux Gorges de la Rivière-Noire.
 La Mauritius Wildlife Foundation a donc mis en place un programme d’élevage en captivité dans le village de Rivière-Noire en 1975, dit-il. Toutefois, les techniques d’élevage de la grosse câteau verte et les problématiques liées à la gestion en captivité ne seront pleinement maîtrisées qu’au début des années 90, ajoute le Directeur de Conservation.  
Dès lors, le nombre d’oisillons produits par les oiseaux en captivité a considérablement augmenté et la gestion des oiseaux survivants à l’état sauvage s’est aussi sensiblement améliorée, précise le Dr Vikash Tattayah. Il indique aussi qu’en 1997, suffisamment d’oiseaux ont été ainsi élevés en captivité pour pour pouvoir essayer de les relâcher avec trois oiseaux dans la forêt de Macchabée. « Les oiseaux relâchés ayant été formés pour se ravitailler en nourriture complémentaire grâce à des mangeoires spécialement conçues, enseignaient par la suite assez rapidement à leur tour aux oiseaux sauvages. Les oiseaux élevés en captivité étaient aussi habitués aux nichoirs, notamment des nids artificiels en bois. Ils les reconnaissaient lorsqu’ils étaient placés dans la nature », soutient le directeur de conservation. Pourtant, dit-il, les tentatives précédentes d’inciter les grosses cateaux vertes sauvages à utiliser les nichoirs avaient été vaines jusque-là.
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La grosse cateau verte est un modèle d’effort de conservation. 

Les actions de conservation 

« Pendant une grande partie des années 90 et au début du 21e siècle, la grosse cateau verte a été l’une des espèces d’oiseaux la plus étroitement gérée au monde », soutient le Dr Vikash Tattayah. Enumérant les différentes actions de conservation, il cite les relâchers d’oiseaux, l’amélioration des nids, l’installation de nichoirs artificiels, l’alimentation complémentaire, l’élevage en captivité, le maniement et le sauvetage d’œufs et d’oisillons, le contrôle d’espèces prédatrices et concurrentes, entre autres. Des relâchers ont également eu lieu sur d’autres sites tels que Combo en l’an 2000, Bel Ombre en 2003, la Vallée de Ferney en 2015 et Ebony Forest en 2018.

Victimes de la maladie du bec et des plumes 

En 2004 et 2005, un virus introduit extrêmement virulent, provoquant la maladie du bec et des plumes, le PBFD (Psittacine Beak and Feather Disease), a frappé la population grosse câteau verte. La manipulation fut alors aussitôt réduite afin d’éviter la propagation de la maladie. Fort heureusement, malgré une forte mortalité d’oisillons et de juvéniles, la maladie n’a pas endigué la croissance de la population de l’espèce, soutient le Dr Vikash Tattayah. En 2007, la grosse cateau verte fut donc déclassée de la catégorie « En danger critique » à « En danger ». 
Toutefois, les zones comportant des forêts endémiques de qualité comme Brise Fer, Macchabée, Mare Longue et Bel Ombre, sont grandement utilisées par la grosse cateau verte pour ses besoins d’alimentation et de nidification, souligne le Dr Vikash Tattayah. 

Plus de 800 oiseaux actuellement à Maurice

La population totale des grosses cateaux vertes est actuellement estimée à plus de 800 oiseaux, un net progrès comparé au faible nombre enregistré dans les années 70, 80 et 90. 
Le Dr Vikash Tattayah indique que les relâchers dans les montagnes de Bambous (Vallée de Ferney) et Chamarel (Ebony Forest) s’annoncent prometteurs, avec des reproductions confirmées à la Vallée de l’Est (Montagnes de Bambous). « Les plus récentes sous-populations permettront d’atteindre mille oiseaux dans les années à venir », affirme-t-il. Il précise toutefois que la restauration de l’habitat doit continuer à s’étendre, que l’importation d’espèces envahissantes de perruches et de plantes doit être suspendue, et que la gestion rigoureuse de l’espèce doit être poursuivie. Et bien que le dernier déclassement soit un encouragement pour tous ceux impliqués, le travail doit continuer, annonce-t-il. Il ajoute que la grosse cateau verte est un modèle d’effort de conservation pour les autres perroquets menacés à travers le monde.  

Des centaines de biologistes de terrain à l’œuvre 

Son succès n’aurait pu être possible sans le dévouement et le travail assidu de centaines de biologistes de terrain au fil des années, précise le Dr Vikash Tattayah. En effet, plusieurs organisations ont également apporté un soutien considérable, ces dernières décennies, à cette démarche de la Mauritius Wildlife Foundation. Notamment le National Parks and Conservation Service et le Forestry Service de Maurice, mais encore des organismes de soutien internationaux tels que le Chester Zoo du Royaume-Uni, la Durrell Wildlife Conservation Trust de Jersey, la World Parrot Trust du Royaume-Uni et Loro Parque (Ténérife), ainsi que les universités de Kent, East Anglia, Reading, Zoological Society of London, les agences internationales et régionales de financement programmatique telles l’UNDP GEF Small Grants Programme et le Critical Ecosystems Partnership Fund, ou encore les partenaires privés locaux dont Ferney Co. Ltd, Ebony Forest, Mauritius Commercial Bank, IFS Foundation, et Terra Foundation, entre autres. 
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Thursday, May 23, 2019

Île Ronde : sanctuaire pour la biodiversité



L'île Ronde est un espace de 219 hectares, situé à 22 km au nord de Maurice. Elle est réputée dans le monde entier pour la diversité de ses espèces menacées. Il n'y a pas eu de développement sur l'île dans le passé mais des herbivores non-indigènes tels que des chèvres et des lapins ont été introduits et ont presque détruit la forêt. La conservation et la restauration écologiques de l'île Ronde se font à travers une collaboration entre la Mauritian Wildlife Foundation, le ministère de l'Agro-industrie et de la sécurité alimentaire et Durrell Wildlife Conservation Trust.
Phil Lambdon, écologiste de la restauration des plantes de Durrell Wildlife Conservation Trust, souligne que «l'île Ronde est l'un des habitats les plus riches en faune endémique de Maurice». Les reptiles tels que le boa de l'île Ronde (Casarea dussumieri) et le scinque de Telfair (Leiolopisma telfairii) sont les habitants les plus connus. Les plantes, comme le palmiste bouteille (Hyophorbe lagenicaulis) et les oiseaux marins tels que le paille-en-queue, le fouquet et le pétrel dépendent également de cette île volcanique.

Ci-dessus, deux photos prises au même endroit mais à des années différentes, à gauche en 2004 et à droite en 2018. À côté, on se rend compte de l'attention qu'il faut accorder à la replantation sur l'île Ronde.
L'écologiste raconte que dans les années 70, les perspectives étaient sombres pour ces espèces. Les chèvres et les lapins, introduits au début des années 1800, avaient presque rasé l'île jusqu'à en faire un terrain vague, avec très peu de végétation restante. L'érosion avait enlevé une grande partie du sol et les reptiles étaient privés de nourriture et d'habitat. Le boa enfouis- seur de l'île Ronde (Bolyeria multoca- rinata), un serpent unique au monde qui menait une existence partiellement souterraine, a été perdu à tout jamais, tandis que d'autres étaient sur le point de disparaître.
«La situation tragique de l'île Ronde a suscité beaucoup d'inquiétude au niveau international et, grâce aux efforts concertés de nombreux biologistes en conservation, la situation s'est lentement transformée en une histoire à succès», déclare-t-il.
Des plans de sauvetage ont été élaborés par un consortium composé de la Mauritian Wildlife Foundation, du National Parks and Conservation Service, Forestry Service, du Department of Conservation de Nouvelle-Zélande et du Durrell Wildlife Conservation Trust du Royaume-Uni.
Il annonce que les chèvres et les lapins ont été éradiqués. Ensuite, le pro- cessus laborieux de végétalisation a commencé. Quelques espèces, telles que le latanier bleu (Latania loddigesii), avaient encore suffisamment de graines dormantes dans le sol pour pouvoir re- venir naturellement, mais la plus grande partie de la végétation devait être cultivée dans une petite pépinière improvisée et replantée dans la nature. Il mentionne que plus de 30 000 arbres et arbustes ont été plantés au cours des deux dernières décennies sur l'île.
Espèces difficiles à cultiver
Phil Lambdon explique qu'«autrefois, les expéditions duraient environ une se- maine sous des tentes et ne permettaient pas un bon suivi des plantes mises en terre. En 2002, une station a été construite pour loger le personnel afin qu'il puisse s'occuper des plants quotidiennement».
Un arbre peut prendre jusqu'à deux ans pour se développer pleinement à partir d'une graine, puis doit être transporté avec soin vers des sites appropriés. Une fois plantés, ils sont désherbés et arrosés chaque semaine pendant un an ou plus. L'un des plus gros problèmes, selon lui, était les conditions sèches et inhospitalières. Beaucoup sont morts inévitablement, mais ceux qui ont survécu sont aujourd'hui des arbres matures en bonne santé. «L'île est redevenue verte et n'est plus aussi désertique qu'avant. Les espèces mena- cées prospèrent», annonce-t-il.
Cependant, tous les problèmes n'ont pas été résolus. Phil Lambdon déclare que certaines des espèces les plus importantes sont difficiles à culti- ver. Avec tant de plantes, ce n'était pas évident de répertorier la situation. En 2018, la Fondation Mohammed Bin Zayed a financé un projet pour dresser un bilan scientifique permettant de restaurer plus efficacement, en particulier, le Bois d'ébène blanc (Diospyros egrettarum).
Grâce à ce nouveau bilan, nous avons maintenant une idée des pro- grès. Le latanier bleu a été multiplié par dix depuis 1980. Il y a 186 palmistes bouteille de plus d'un mètre de haut, alors qu'il n'en restait que six. Outre les palmiers, l'île compte aujourd'hui 10 434 autres arbres et arbustes endémiques et indigènes de 40 espèces différentes telles que Bois benzoin (Terminalia bentzoë), Bois clou (Eugenia lu- cida) et le Fangame (Stillingia lineata).
Chaque année, durant la saison de pluie, plus d'un millier de plantes endémiques et indigènes sont mises en terre. Sur la liste pour la présente année, on compte 22 espèces de plus de 1000 plantes, y compris plus de 250 nouvelles plantules de bois d'ébène blanc, qui seront plantées d'ici fin mai.
Au dire de Martine Goder de la Mauritian Wildlife Foundation, ces es- pèces sont importantes pour le bon équilibre de notre écosystème insulaire. Les animaux dépendent de ces plantes pour leur nourriture et leur abri. «Aujourd'hui, Maurice compte moins de 2 % de forêt indigène en raison de la déforestation et la forêt restante est menacée par des espèces végétales envahissantes.»


Thursday, January 17, 2019

Divers articles


Bonjour,

Vous trouverez ci-dessous des articles mettant en avant les petits pas de Maurice vers la Transition Ecologique. Merci à l'Express et le Defi Media.

Le premier concerne la modification du tracé d'une route à Cap-Malheureux. Celle-ci "nécessité" l'abattage d'une centaine d'arbres. La mobilisation de la population et la prise de position de certains élus ont permis de sauver ces arbres et la RDA a proposé un nouveau tracé.
Il s'agit d'une première victoire pour la préservation des arbres après une année 2018 marquée par la disparition de la promenade Roland ARMAND. Face à la contestation les forces spéciales de la police avait du intervenir pour abattre les 134 arbres (pour la plupart centenaire). Afin de les remplacer, un parc à l'entrée d'Ebène est prévu. Il devrait accueillir 2000 arbres et plantes endémiques.
Cela n'effacera malheureusement pas les années perdues.

Bravo pour cette première victoire.
Le développment du réseau routier peut se faire en cohésion avec la préservation de l'environnement.


Ce second article mentionne que le CEB a émis un appel d'offre concernant des batteries de stockage de grande capacité. Ces batteries permettent au réseau (grid) d'accepter plus d'énergies nouvelles (photovoltaïques, éoliennes).
Il s'agit d'un second appel d'offre, car en octobre dernier deux batteries (technologie lithium) ont été mises en service par la société AKUO, sur financement de l'UNDP (Green Climate Change).

L'article mentionne également que le CEB a "ouvert" le réseau à divers petits projets d'énergies renouvelables, que ce soit pour les particuliers ou pour réduire la fracture ernergétique sociale (10 000 kits). Ce dernier projet que nous pouvons saluer, consiste à installer une centrales photovoltaïque de 1kWc chez les plus démunis, leur offrir les 50 kWh d'électricitié et de renvoyer sur le réseau l'excédent. 
Ce projet est financé via à un pret d'Abu Dhabi (10 millions USD). Plus d'informations dans l'article suivant.


Énergie solaire : Abu Dhabi prête Rs 340 M à Maurice

Panneaux solairesPhoto Illustration
L’Abu Dhabi Fund for Development (ADFP) prête USD 10 millions, soit l’équivalent de Rs 340 millions au taux de change actuel, au gouvernement de Maurice pour financer le Solar PV Kits Project.
Le deal a été signé samedi durant la neuvième édition de l’Irena Assembly qui se déroule en ce moment à Abu Dhabi. L’argent servira à fournir 10 000 familles ayant des revenus faibles en kits de panneaux solaires. Les signataires étaient Mohammed Saif Al Suwaidi, directeur-général de l’ADFP, et Seety Naidoo, président du Central Electricity Board (CEB).
« Nous sommes fiers de travailler avec le gouvernement mauricien pour mettre ce projet d’énergie solaire sur les rails. La collaboration se fera de façon à soutenir l’économie locale afin d’atteindre des priorités nationales, en sus de générer des emplois et améliorer la qualité de vie de certains », devait indiquer Mohammed Saif Al Suwaidi.
Pour Seety Naidoo, il s’agit là d’un moyen d’ « améliorer l’accès à l’électricité pour notre population et de réaliser des objectifs gouvernementaux ». Rappelons que l’objectif du gouvernement est d’atteindre les 35% d’énergies renouvelables pour produire de l’électricité d’ici 2025.
Il est estimé qu’à travers ces 10 000 installations de panneaux solaires sur les toits de maison, les familles bénéficiaires pourront économiser la somme globale d’environ Rs 250 millions sur leur facture d’électricité par an. Le projet aura aussi un apport de 10 mégawatts d’énergies renouvelables sur le réseau du CEB et un impact positif sur l’indépendance énergétique de Maurice.
Plus le pays se repose sur l’énergie renouvelable pour produire son électricité, moins elle sera dépendante de sources d’énergie qu’elle doit importer, comme l’huile lourde ou le charbon, par exemple.

Le dernier article annonce que le Mauritius Ocean Institute a émis un appel d'offre concernant l'installation d'une centrale photovoltaïque sur le toit de leur centre à Albion. 
Une fois de plus, nous pouvons noter que Maurice à entamé sa transition énergétique. 



Bonne lecture à tous !